Histoire des jeux
extraits d'avant propos
l'Art Secret des Illusionistes, 1973,
de
Jacques VOIGNER et Francois VOIGNER
Qui n'a jamais vu sur une place publique, dans une baraque foraine, sur
la scène d'un théâtre ou à la
télévision, cet homme qu'on a appelé suivant les
époques jouer de gobelets, escamoteur, faiseur de tours,
physicien, prestidigitateur or illusionniste ? Quelle idée se
fait-on généralement de ce personnage ? N'est-il qu'un
amiable farceur, un amuseur qui grâce a quelques petits trucs
escamote notre argent ou bien est-il cet artiste, cet enchanteur, ce
magicien qui, par son talent et sa dextérité nous
transporte dans un monde de rêve et
d'enchantement ?
L'Illusionnisme est un art, un art populace et un art du
spectacle. Quelque soit l'endroit ou il opère,
l'illusionniste est un artiste, un artiste complet. Il est a la
fois auteur, metteur en scène, réalisateur et
interprète. Il ne se contente pas d'exécuter un
numéro et de jour un personnage il les crée.
Mais d'ou viennent ce peu de connaissance et ce manque de
considération qui'on parte parfois aux illusionniste?
Serait-ce la déception de ne pouvoir découvrir son "truc"
ou plutôt de ne percevoir qu'un seul cote de son art.
L'envers, constitue par l'adresse, la dextérité et
l'ingéniosité incroyable de certains truquage devant
nécessairement rester secret et ignore de public. Ce
double aspect, le fait de dire au spectateur que l'on fait l'essence
même de illusionnisme. Ce de-doublement de l'artiste qui
exécute simultanément deux rôles différents,
ces deux personnages qui doivent parfaitement se compléter et se
confondre pour réussir a créer l'illusion ne se
rencontrent dans aucun autre art du spectacle. La nécessite pour
un illusionniste de ne pas révéler les secrets qui sont
la bas même de ses meilleurs illusions rend difficile et
foncement très incomplète la connaissance de cet art
mystérieux.
On sait que les prêtres d'Egypte ancienne avaient recours a des
truquages optiques, acoustiques et hydrauliques pour réaliser
les miracles qui étonnaient leurs fidèles; mais si toutes
ces pratiques utilisaient des techniques empruntées a
l'illusionnisme, elles ne constituaient pas pour autant un spectacle
dont le but était de divertir. L'Egypte, la Grèce
et Rome connaissaient les "Jouers de gobelets". Les grecs les
appelaient "psephopaiktai" a cause des petits cailloux qu'ils faisaient
apparaître et disparaître. Les latins les
désignaient par "acetabularii" en raison des petites coupes qui
servaient a ce tour ou par "calculari" a cause des petites pierres qui
voyageaient sous ces coupes. En France, ils font leur apparition au
Moyen-Age sous le nom des jouers de passe-passe puis d'escamoteurs,
l'escamot étant la petite boule de liège qui passait d'un
gobelet a la autre.
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